Sommaire - Informations sur le télétravail - Réseau de télétravailleurs




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LE TRAVAIL DESERTE LES LIEUX
DE PRODUCTION TRADITIONNELS
chez le télé-travailleur achevant une fois pour toute de briser sa sphère
personnelle. Bonne ou mauvaise chose selon qu'elle est subie ou sou-
haitée, que l'on aime ou non son travail, "l'homme-terminal" a le fil à la
patte. Une des caractéristiques du télétravail, dès lors qu'il est assimilé
au Travail à Domicile, c'est qu'il officialise en quelque sorte la rupture
de la frontière entre la sphère privée et professionnelle. Si les plus mo-
tivés prennent sur eux d'élargir l'une au détriment de l'autre, comme
c'est déjà le cas pour bon nombre de cadres, c'est une décision qui leur
incombe. L'abus "d'envahissement" du fait de l'entreprise est sans
doute une des conséquences du télétravail qui serait la plus mal ressen-
tie. Aussi, la D.G.T. lors de ses premières expérimentations avait pris
grand soin d'éviter qu'aucune ne se déroule au domicile des personnels
concernés mais près de leur domicile. Il s'agit d'un point sensible car la
délocalisation individuelle et collective des ressources humaines,
quelles qu'en soit les causes, met d'abord en péril le projet profession-
nel de chacun.
Comme au début de la diffusion bureautique, d''importantes actions de
préparation et d'accompagnement individualisées doivent être mises
en place. La gestion des ressources humaines doit être adaptée pour
suivre l'animation des hommes à distance. S'inspirant plus du manage-
ment par objectifs que du contrôle des procédures. Le travail à distance
nécessite des innovations que l'on craint encore. On n'a pas pleinement
assimilé le changement majeur qui le banalise et le rend incontourna-
Le travailleur "dépendant",
Une filiale, en Californie, de CAL Western Insurance Compagny fit une erreur qui
lui coûta cher. Elle lança en 1983 une expérience de télétravail à domicile grâce à
la mise en place d'un terminal d'ordinateur auprès de 22 femmes ayant entre 3 à 11
ans d'ancienneté dans l'entreprise. Les conditions étaient les suivantes :
- démission du salarié,
- statut de travailleur indépendant,
- fixation de quotas hebdomadaires,
- location mensuelle du terminal 50 $,
- obligation par le salarié indépendant d'indemniser la compagnie en cas d'erreur
de traitement,
- interdiction de travailler pour une autre compagnie,
- possibilité pour l'entreprise de rompre unilatéralement et sans préavis le contrat
en cas de non respect du quota.
Deux ans plus tard arguant que les clauses des contrats d'"indépendant" créaient
des conditions de subordination assimilables au contrat antérieur de "salarié" sans
les droits et protections liés, les télétravailleuses obtenaient d'un tribunal
1.2 millions de dollars de dommages et intérêts (12).