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existé : le télescope spatial Hubble pèse en effet 12 tonnes. Un de ses miroirs représente à lui seul 900 kg. Ses miroirs polis sont montés avec une extrême précision. Ses performances le rendent jusqu'à 10 fois plus puissant qu'un télescope terrestre. Il verrait une bille à 40 km de distance. Pour les astronomes, ce sont des milliards d'étoiles nouvelles qui vont pouvoir s'allumer dans le ciel. Ce projet a demandé sept ans de préparation, et a tenu toute la commu- nauté scientifique en haleine. Mis en orbite grâce à une navette, à 500 km au dessus de l'atmosphère, on en attendait des clichés d'une grande qualité pour mieux comprendre les origines et l'histoire de l'univers. Quel ne fut pas le scandale et la déception lorsqu'on se rendit compte que le miroir principal - un engin de 2,40 mètres de diamètre - avait des défauts de courbure. Un gâchis de 3 milliards de dollars pour un télescope spatial devenu myope et incapable de fournir des images d'une qualité au moins égale à celle d'un simple télescope terrestre informatique spécial qui va la corriger. Une partie de l'image reçue est floue ; décomposée, elle sera analysée finement par une grille de cellules photosensibles. Chaque point (pixel) présentant une anomalie va faire l'objet d'un traitement : corrections de contraste, de luminosité, par comparaison avec la partie de l'image correcte. A partir d'une sorte de mire spatiale, un programme de traitement d'image va analyser les défauts de convergence. En utilisant les lois mathématiques régissant les rayons lumineux, grâce aux règles statistiques on rétablit une recomposition très approchée du cliché d'un miroir qui n'aurait pas eu de défaut. Bien sûr, il n'aura jamais la netteté espérée initialement. Mais le télescope de la mission spatiale Hubble est désormais capable de fournir des images 2 à 3 fois meilleures que celles des meilleurs observatoires astronomiques terrestres : le signe a corrigé la matière ! l'origine d'une multiplication d'activités dématérialisées incorporant l'intelligence dans la mémoire et les programmes des ordinateurs. Au- tant d'applications qui contribuent à une généralisation de la "numéri- sation" du travail. Un travail qui permet une esquisse à partir de la- quelle l'ordinateur optimisera les paramètres d'une conception afin d'aboutir au projet définitif. Ce projet vivra artificiellement quelques heures ou des mois dans un ordinateur. Il subira des simulations dans des environnements fictifs, éventuellement à partir de plusieurs lieux différents grâce aux réseaux de recherches, avant d'aboutir à un pro- duit réel. |